Message du Cardinal Tauran à l’occasion du Vesakh 2013

publié le lundi 6 mai 2013, par UBF

Cité du Vatican, 2 mai 2013 (VIS). "Aimer, défendre et promouvoir la vie humaine", tel est le titre du message que le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux adresse aux bouddhistes pour la fête de Vesakh 2013 (ère bouddhiste 2556), sous la signature de son Président le Cardinal Jean-Louis Tauran :

"Dès le début de son ministère, le Pape François a réaffirmé la nécessité du dialogue amical entre les fidèles des différentes religions, rappelant combien l’Eglise est consciente de la responsabilité que nous avons tous à l’égard de notre monde, de la création tout entière, qu’il nous faut aimer et protéger.

Nous pouvons faire beaucoup pour venir en aide aux pauvres, aux nécessiteux et à ceux qui souffrent, et pour favoriser la justice, promouvoir la réconciliation et construire la paix. Le message pour la Journée mondiale de la paix 2013 indique que le chemin pour atteindre le bien commun et la paix est avant tout celui du respect de la vie humaine dans tous ses aspects, à commencer par sa conception, en passant par son développement et en allant jusqu’à sa fin naturelle. Les véritables artisans de paix sont donc ceux qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine dans toutes ses dimensions, personnelle, communautaire et transcendante. La vie dans sa plénitude est l’apogée de la paix. Celui qui aime la paix ne peut tolérer des attaques et des crimes contre la paix. L’Eglise catholique montre un respect sincère pour votre noble tradition religieuse. Nous remarquons bien souvent une consonance avec les valeurs exprimées aussi dans vos livres religieux, tels le respect pour la vie, la contemplation, le silence et la simplicité. Notre dialogue fraternel a besoin de manifester que nous, bouddhistes et chrétiens, ayons en commun, spécialement le fait que nous partageons un profond respect pour la vie.

Chers amis bouddhistes, votre premier précepte vous apprend à vous abstenir de détruire la vie de tout être sensible, et par conséquent il interdit le meurtre de soi-même et des autres. La pierre d’angle de votre éthique réside dans une réelle affection pour tous les êtres. Nous, chrétiens, nous croyons que le cœur de l’enseignement moral de Jésus est double : amour de Dieu et amour du prochain. Jésus dit Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour. Et encore Voici mon commandement : Aimez- vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Le cinquième commandement chrétien Tu ne tueras pas s’harmonise très bien avec votre premier précepte. Nostra Aetate enseigne que l’Eglise catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions.

Je pense, par conséquent, que ce qui est urgent pour les bouddhistes aussi bien que pour les chrétiens, sur la base du patrimoine spécifique de nos traditions religieuses, est de créer un climat de paix pour aimer, défendre et promouvoir la vie humaine. Mais en dépit de ces nobles enseignements sur la sainteté de la vie humaine, le mal sous différentes formes contribue à la déshumanisation de la personne en affaiblissant le sens de l’humanité chez les individus et dans les communautés. Cette situation tragique nous invite à unir nos efforts pour démasquer les menaces contre la vie humaine et à réveiller la conscience morale de nos fidèles respectifs pour provoquer une renaissance spirituelle et morale des individus et des sociétés afin d’être de véritables artisans de paix qui aiment, défendent et promeuvent la vie humaine dans toutes ses dimensions.

Continuons donc à collaborer dans un esprit de compassion et de fraternité renouvelées, pour soulager les souffrances de la famille humaine en favorisant le caractère sacré de la vie humaine. C’est dans cet esprit que je vous souhaite une fête de Vesakh remplie de paix et de joie".