La médecine des catastrophesEmission du 23 janvier 2000Intervenants :Professeur Pierre
CUER
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Court reportage et introduction du débat. Dr. Chevassut Ce que mévoquent ces images, cest la notion de prévention car on pourrait jusquà un certain point limiter les conséquences dramatiques de ces catastrophes. Cette prévention repose dune part sur une bonne analyse des risques potentiels et dautre part sur un souci de responsabilité de la vie des gens, des êtres, également de leur propre bien-être.Par exemple, en Turquie on a pu voir des batiments construits sans respect des normes anti-sismiques, cest dans ce sens quintervient la notion de prévention et de responsabilité. Q.CB Quelles sont les priorités en cas de drames ? R.Dr Chevassut A ce moment, on rentre dans une logique diffèrente, on passe de la logique individuelle à la logique collective, problèmatique de logisitque, de triage. Le gros problème est le triage Q.CB Prof Cuer, la prévention est au cur de vos préoccupations au Conseil de lEurope et la mise en place dune certaine logistique, il y beaucoup à faire ? à inventer ? R.Prof Cuer Un de nos anciens élèves, le Professeur MASSUE a établi depuis 1984 un certain nombre de réseaux. Notre réseau dont le Dr Chevassut fait partie sintitule " Médecine et Droits de lhomme ", et a pour mission dinformer et de former les dirigeants et les acteurs de la Santé dans le domaine de la prévention, de laction et des conséquences.
Q.CB Vous intervenez aujourdhui en tant que bouddhiste et médecin, quels sont les premiers points qui se dégagent ? R. Dr Chevassut 1er point : les notions de clarté, de sagesse, de lucidité 2ème point : les notions de solidarité, dinter-dépendance, de compassion dans le sens de réceptivité à la souffrance de lautre et notion de responsabilité bien sûr. Q.CB Les réponses données dun point de vue éthique et bouddhiste concordent-elles en général ? R. Prof Cuer Nous navons pas assez de moyens techniques, pas
assez de médecins, ni même de sauveteurs, donc il faut prendre
des dispositons en faveur du plus grand nombre. Q.CB Quand on est bouddhiste et médecin comme vous Dr Chevassut, on sait que la vie humaine est quelque chose dextrèmement précieux, comment peut-on privilégier le collectif à lindividuel ? R.Dr Chevassut Comme la justement indiqué le Professeur Cuer, on passe dune logique individuelle à une logique collective, sous-entendu un certain rendement. La notion de rendement cest déceler les victimes les plus récupérables dans un minimum de temps avec le minimum de moyens dont on dispose. Cela repose beaucoup sur le diagnostic du médecin qui doit être à la fois rapide, fiable, complet, de manière à pouvoir gérer au mieux la situation. Q.CB Le bouddhisme vous aide-t-il à gérer tout cela ? Le bouddhisme effectivement apporte de nombreuses valeurs, des qualités et des éléments positifs, notamment dans la démarche de compassion et aussi de calme intérieur et de clarté et ceci est très important dun point de vue du diagnostic. Q.CB Entre éthique et réalisme, que faut-il choisir ? R.Prof Cuer Dans léthique nous avons des grands principes qui détermiment la conservation de la dignité de lhomme, appelée également la méta-éthique et une éthique dapplication plus concrète qui, face aux difficultés, doit faire place aux grands principes en les adaptant aux situations. Q.CB Quest ce que le triage ? R. Dr Chevassut Cela repose encore une fois sur un diagnostic de la situation qui soit précis et en ce sens cest là que le bouddhisme va pouvoir aider, va pouvoir intervenir. Puis, je rappelerai cette notion de compassion qui intervient par la qualité de présence, par exemple auprès des blessés et des familles de ceux-ci.
R. Dr Chevassut Oui, si on comprend bien la notion de compassion comme une forme de réceptivité, de sensibilité, de sensitivité à la souffrance de lautre sans être détruit soi-même par ce que lon entend, lon voit et lon sent. Q.CB Vous avez également évoqué les rites religieux, là aussi que doit-on privilégier, le collectif ou lindividuel ? R. Prof Cuer Pour des questions religieuses, une famille voulait enterrer directement son défunt dans la nuit et le médecin des catastrophes refusait. La famille sest alors retournée vers son médecin qui accorde cette possibilité pour cette famille à condition néanmoins que cela ne gêne pas le soin des blessés, puisque comme nous lavons dit, le rôle du médecin des catastrophes cest de soigner tous les survivants qui peuvent survivre et malheureusement cest abandonner les autres.
Q.CB En conclusion, les grands points ? R.Dr Chevassut
R. Pr Cuer Il y aura en Europe et dans le bassin méditérranéen, des formations aux catastrophes et notamment à la Médecine des catastrophes pour aider dans le futur, à la prévention,à la gestion des soins et des conséquences.
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Bouddhiste de France 2000
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