Le Zen est à juste titre connu en tant qu’école japonaise du bouddhisme qui met l’accent sur la méditation. Il plonge pourtant ses racines dans le Chan, école chinoise, et dès le neuvième siècle, s’est propagé en Corée sous le nom de Son, où il s’est intégré au bouddhisme d’état, antérieurement introduit en Corée au quatrième siècle et davantage basé sur l’étude des soutras. C’est ainsi qu’est né l’Ordre Chogye, l’ordre le plus important en Corée aujourd’hui, synthèse des enseignements doctrinaux et de la méditation zen.
Le Zen coréen sous la forme occidentale développée par Maître Seung Sahn est issu de l’Ordre Chogye. Il allie la pratique des prosternations, du chant, la méditation assise, et l’utilisation de mantras et de kong-ans (en Japonais : koan). L’étude formelle des soutras a par contre été abandonnée.
Après avoir reçu la transmission de Maître Ko Bong en 1949, l’un des maîtres coréens les plus brillants de cette époque, Maître Seung Sahn a dirigé des temples en Corée, à Hong Kong et au Japon. En 1972, il a créé en Occident l’association bouddhique laïque et monastique Kwan Um, ce qui signifie en coréen "Percevoir le son du monde", du nom du bodhisattva de la compassion Kwan Seum Bosal (Avalokiteshvara en sanskrit), littéralement "le bodhisattva qui perçoit le son des souffrances du monde".
Aujourd’hui il existe des monastères et lieux de pratique dans 27 pays, dont un en France. Voix Bouddhistes a eu l’occasion de recevoir Maître Wu Bong, américain d’origine polonaise et détenteur de cette tradition en Europe, lors de l’émission du 30 Juillet 2000. Cette semaine, c’est son épouse Grazyna Perl, également polonaise d’origine, qui est présente sur le plateau, à l’occasion de la traduction en français de "Cendres sur le Bouddha", ouvrage de référence de Maître Seung Sahn.
Grazyna Perl enseigne au Centre Parisien de Zen. Elle commence à pratiquer en Pologne en 1984 au Centre Zen de Gdansk. En 1988, elle entame une pratique intensive de huit ans au centre Zen de Providence (USA) auprès de Maître Seung Sahn et d’autres maîtres de la tradition coréenne. Elle reçoit l’autorisation d’enseigner en 1994 du Maître Zen Seung Sahn et devient Maître de Dharma à l’Ecole Kwan Um. En 1995, avec son époux, le Maître Zen Wu Bong, elle s’installe à Paris pour fonder le centre parisien de Zen de l’école Kwan Um. Depuis, elle enseigne à travers l’Europe et poursuit sa carrière d’artiste peintre-illustratrice.
Livres présentés lors de cette émission :
Manuel de Bouddhisme zen
D.T.Suzuki
Editions : Dervy Editions
Mon " Introduction to Zen Buddhism ", publiée en 1934, présentait une courte ébauche de l’enseignement du Zen. Avec le " Training of the Zen Monk ", je me suis attaché à décrire la vie que l’on mène dans un centre de méditation (également en 1934). Comme troisième volet de ce triptyque, je propose ce " Manuel de Bouddhisme Zen " Manual of Zen Buddhism".
On y trouvera un matériel littéraire varié, lié à la vie monacale. Les étudiants étrangers manifestent souvent le désir de savoir ce que les moines Zen peuvent bien lire devant le Bouddha au cours des cérémonies quotidiennes, ce qu’ils font de leurs moments de détente et quels sont les différents supports de leur culte. Cet ouvrage satisfera, je l’espère, leur curiosité.
Ceux qui trouvent mes Essais sur le Zen trop volumineux ou trop complexes préféreront peut-être un travail plus ramassé ; celui-ci s’efforce de l’être.
Aux sources du Zen
Albert Low
Editions : Albin Michel Editions
Le zen , expression japonaise du bouddhisme appuie la pratique de son enseignement spirituel sur la méditation et l’étude des sûtras du ch’an. Ce livre s’adresse aux adeptes du bouddhisme comme à tous ceux et toutes celles qui s’intéressent à une pratique spirituelle authentique. Albin Michel (Coll Espaces Libres)
Le Rire du tigre - Dix ans avec Maître Deshimaru
Marc de Smedt
Editions : Albin Michel Editions
Taisen Deshimaru (1914 -1982) fut l’un des principaux introducteurs du zen en occident. Par ses livres et son enseignement, il a formé toute une génération à cette philosophie du vide, de la méditation et du détachement, à une époque où les occidentaux partaient sur les chemins de l’Orient à la recherche d’une spiritualité nouvelle.
Marc de Smedt, qui fut son éditeur, a pu suivre son enseignement pendant dix ans jusqu’à la mort du Maître en 1982. Il nous offre ici son témoignage de première main sur la vie quotidienne au dojo parisien ou lors des voyages, sur le charisme du maître et son humour truculent. Il livre en passant ses réflexions sur la vie, la mort et le zazen comme " danse immobile ".


