Interview de Dagpo Rimpoché (*)
Du point de vue bouddhiste le clonage aboutit à des individus identiques, mais différents au niveau des courants de conscience
Voix bouddhistes - Rimpoché, vous avez abordé la question de l’embryon lors de l’émission, mais vous n’avez pas eu le temps d’aborder le clonage.
Dagpo Rimpoché - J’ai du mal à vous répondre parce que je ne sais pas quelles sont les techniques de clonage. D’une manière générale ce que j’ai dit pour les embryons in-vitro peut être également valable pour le clonage.
Voix bouddhistes - A partir d’une même cellule, le clonage aboutit à deux individus identiques au niveau de la forme. Mais que se passe-t-il au niveau de la conscience ?
Dagpo Rimpoché - Du point de vue bouddhiste on aboutira à des individus identiques, mais différents au niveau des courants de conscience. Il y aura des points communs qui renforceront ce potentiel qui provient des parents : même chez des frères et sœurs, on trouve des ressemblances.
Voix bouddhistes - Y a-t-il des textes dont vous recommanderiez l’étude pour ceux qui désirent approfondir les questions abordées dans l’émission d’aujourd’hui ?
Dagpo Rimpoché - Il y a deux soutras qui concernent la conception de l’embryon et dont je recommande la lecture sur ce point :
* Aryananda garbhavakranti nirdesha * Shali stambaka sutra
Pour quelqu’un qui veut s’engager dans une pratique très dense, le fait de connaître la langue d’un pays où le bouddhisme a pu s’épanouir pendant une très longue période de temps est très bénéfique
Voix bouddhistes - Pour les pratiquants, c’est important de faire un lien entre la tradition et la modernité. Vous enseignez le tibétain. Est-ce important pour un pratiquant du bouddhisme tibétain d’apprendre les rudiments de la langue tibétaine ?
Dagpo Rimpoché - Cela dépend de beaucoup de facteurs ! De l’âge que l’on a atteint, des dons pour les langues et du temps dont on dispose !
Pour quelqu’un qui veut s’engager dans une pratique très dense, le fait de connaître la langue d’un pays où le bouddhisme a pu s’épanouir pendant une très longue période de temps, comme le Tibet, est très bénéfique. Cela permet un accès direct à l’enseignement authentique. Cela permet une compréhension plus rapide et plus en profondeur.
D’un autre coté si on a des difficultés (âge, manque de temps et de dons), ce n’est pas une nécessité vitale. (*) Interview réalisée par Jean Christophe pour l’Union Bouddhiste de France
Livres présentés lors de cette émission :
Au fond, c’est quoi la vie ?
Professeur René Frydman, G Lemarié
Editions : Mallard Editions
Le Professeur René Frydman, est connu du grand public pour avoir en 1982 initié avec succès la première fécondation in vitro en France. De l’hôpital Béclère à Paris où il exerce, il n’a cessé depuis de prendre des positions claires sur la bioéthique. En une époque où l’humanité et la collectivité scientifique s’interrogent sur les dérives possibles, la réflexion qu’il livre ici prend une dimension et une autorité toutes particulières.
Gérard Lemarié : Reconnaissez-vous à chacun le pouvoir de définir l’embryon ?
René Frydman : Oui, je laisse à chacun la liberté de décider de sa propre définition. L’Eglise continue d’interdire de toucher à l’embryon, même s’il y a malformation probante, même si l’enfant doit souffrir le martyre, même s’il y a présence d’une maladie extrêmement grave, parce que l’embryon est ’comme’ une personne.
Gérard Lemarié : Et pour vous ?
René Frydman : J’ai une autre logique : ce qui prime n’est pas l’embryon, mais la mère qui le porte. Ce qui prime pour moi est la liberté de la femme par rapport à sa reproduction, qu’elle ne soit plus jamais victime d’un ou plusieurs non-désirs d’enfants
L’idée de la collection "Penseurs d’aujourd’hui Questions de Toujours" est simple : convier autour d’une grande question des penseurs et des praticiens du monde d’aujourd’hui. Destinés à un large public, ces ouvrages innovants souhaitent faire de l’apport de la pensée et de la pratique contemporaines un élément essentiel du bagage de " l’honnête homme " de demain.
Gérard Lemarié, philosophe, nous invite à des entretiens vivants, sans concession et propres à susciter la réflexion personnelle.
Dieu, la médecine et l’embryon
Professeur René Frydman
Editions : Odile Jacob Editions
" L’embryon a-t-il une âme ? Si oui, cette animation est-elle immédiate, dès la conception, ou bien différée ? Et, dans ce cas, quand et comment se produit-elle ?
Cette question a de tout temps été objet de controverses. Les grandes religions monothéistes y apportent des réponses différentes. La science elle-même a longtemps balbutié avant de comprendre les mécanismes intimes de la reproduction. À l’aube du XXIè siècle, les progrès de la biologie moléculaire renouvellent le débat.
Médecin, spécialiste du traitement de la stérilité et des grossesses pathologiques, c’est d’abord en praticien quotidiennement confronté aux interrogations des patients que je m’exprime ici.
La médecine, lorsqu’elle touche à la question des origines de l’être, doit tenir compte des progrès scientifiques mais également des questionnements éthiques et du sens à donner à nos décisions thérapeutiques. Le statut de l’embryon peut-il varier selon le regard qu’on lui porte ? "
Gynécologue-accoucheur des Hôpitaux de Paris, le Professeur René Frydman est connu pour la naissance d’Amandine, premier bébé-éprouvette français, et pour ses travaux scientifiques sur la procréation médicalement assistée et la médecine prénatale. Il est notamment l’auteur, aux Éditions Odile Jacob, de "Ma grossesse, mon enfant", en collaboration avec le docteur Julien Cohen-Solal.



