Emission Voix Bouddhistes
du 17 Décembre 2000
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Cette émission aborde le thème des origines interdépendantes et du symbolisme de la roue de la vie. La transcription de cette émission est disponible. En complément de l'émission, Roland Rech répond à nos questions sur les différentes traditions du zen, sur le lien qu'elles entretiennent entre elles, et sur leurs relations avec d'autres traditions. Vous trouverez également sur cette page les liens vers des compléments d'information sur quelques unes des traditions zen représentées en France ainsi que des informations sur les livres présentés lors de cette émission. |
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Question - Roland Rech, quelle est la place de l'association zen internationale (AZI) dans la tradition zen en France ? Roland Rech - L'AZI est une association qui a été fondée par Maître Deshimaru il y a plus de 30 ans maintenant. Elle regroupe les dojos qui pratiquent le zen Soto en France suivant la lignée de transmission de Maître Deshimaru. Il y a environ une centaine de centres rattachés à l'AZI en France, auxquels s'ajoutent 150 centres de par le monde. Ceci étant dit, l'AZI ne représente pas la totalité du zen, ni même du zen Soto en France. Il y a d'autres groupes. Il y a le zen Rinzaï de Jyoji. Il y a d'autres groupes représentant d'autres lignées du zen Soto, comme Joshim Bachoux. Il y a la lignée du zen américain de Bernie Glassman, représentée par Catherine Pagès. Il y a Thich Nhat Hanh dont la tradition est une forme de bouddhisme proche du zen. Il y a le zen coréen. Il y a donc plusieurs autres écoles du zen. Simplement l'AZI a c'est vrai une antériorité, du fait que Maître Deshimaru est arrivé en France en 1967 et qu'à l'époque il n'y avait aucune autre forme d'enseignement du zen que le sien. C'est resté le cas pendant des années. Les autres pratiques du zen sont arrivées nettement après. C'est également vrai que numériquement, l'AZI représente de très loin l'association la plus importante en terme de nombre de pratiquants et de nombre de centres.
Question - Ca représente beaucoup de pratiquants ? Roland Rech - Du point de vue adhésion proprement dite à l'association, à peu près 2000 personnes. Mais si on considère ceux qui pratiquent dans les dojos, sur la centaine de dojos en France, celà représente environ 4000 personnes. Parmi ces pratiquants, il y en a qui pratiquent très régulièrement, d'autres qui pratiquent une fois par mois, d'autres qui viennent faire des sesshins de temps en temps...
Question - Tu as fait allusion à la variété du zen. Peux-tu préciser à la fois les points communs, qui font qu'on parle toujours du zen, et en même temps les différences, s'il y en a ? Roland Rech - La différence principale réside dans la pédagogie entre le zen Soto et le zen Rinzaï. A l'intérieur du zen Soto qui est notre école, les différences sont des différences de style, de caractère d'enseignant et de pédagogie, mais ce sont des nuances très légères. Par contre entre le zen Soto et le zen Rinzaï il y a une différence fondamentale : c'est que dans le zen Rinzaï on utilise principalement les koans comme manière d'éveiller la conscience à travers la méditation avec un objet. C'est une réflexion sur une phrase d'enseignement d'un maître zen, qui doit être constamment gardée présente à l'esprit pendant la méditation, pendant la vie quotidienne, et qui doit ensuite faire l'objet d'un dialogue avec le maître pour venir présenter sa compréhension. C'est une pédagogie qui est bien particulière au zen Rinzaï. Dans le zen Soto, on ne l'utilise pa. Dans le zen Soto, la méditation est sans objet. Donc pendant le zazen, on n'est pas en train de méditer sur un koan. D'ailleurs ce n'est pas une méditation à proprement parler. C'est une pratique de totale unité : être complètement là dans l'assise sans objet. C'est ce qui fait que le zazen, selon nous, n'est pas une technique de méditation, mais une pratique qui est en même temps réalisation de l'éveil. En tout cas potentiellement, une réalisation de l'éveil immédiat par le lâcher prise de tout objet, y compris des objets de méditation. Réalisation d'un esprit pur, sans intention, sans but, sans chercher à atteindre quoi que ce soit ni à rejeter quoi que ce soit. C'est ça la grande différence : ce sont deux pédagogies différentes. Maintenant, ce qui relie le zen Soto et le zen Rinzaï, c'est que d'abord à l'origine il n'y avait pas ces différences. Le zen se rattache au Bouddha Sakyamuni mais existe en tant qu'école particulière du bouddhisme depuis Bodhidharma, au 6ème siècle en Chine. Du 6ème au 8ème siècle, il n'y a pas d'écoles Soto et Rinzaï, mais il y a déjà des lignées différentes. Ce sont en fait simplement des tempéraments de maîtres différents, mais à un moment donné, ces différences se cristallisent véritablement en lignées différentes. Ce qui relie les lignées, c'est d'abord qu'elle remontent toutes au Bouddha, à Bodhidharma, et surtout qu'on met au coeur de notre pratique la pratique de la méditation. Cest ce que veut dire école zen. Pour d'autres écoles la méditation est une pratique parmi d'autres, alors que dans le zen, la méditation est vraiment centrale. Le zazen est la méditation centrale. Bien sûr, nous participons de l'esprit du Mahayana, nous pratiquons donc les paramitas. A partir de zazen, il y a donc aussi la pratique des préceptes, du don, de la générosité, de la patience, de l'effort, de la sagesse et de la concentration. Mais la concentration, qui est une des 6 paramitas pour nous, n'est pas une simple paramita parmi d'autres, c'en est la racine. Et tout le reste c'est comme les fleurs et les branches. Je crois que c'est ça qui caractérise le zen.
Question - Y a t'il dans le zen, en dehors du Bouddha Sakyamuni, des maîtres communs avec d'autres traditions du Bouddhisme ? Roland Rech - Oui. Par exemple, Nagarjuna. C'est un des maîtres de la lignée du zen. Il est également le maître d'autres lignées bouddhistes comme le Shingon. C'est surtout le cas pour les maîtres les plus anciens. Le fait est que l'arbre généalogique est allé en se diversifiant : plus on se rapproche de l'époque moderne, plus les lignées sont marquées et différentes. Ceci étant, il faut quand même savoir qu'actuellement, il y a une tendance au Japon à une très bonne collaboration entre le zen Soto et le zen Rinzaï.
Question - Pour ce qui est du Japon, y a-t-il des liens avec le Shinto ? Roland Rech - C'est à dire que le lien existe dans la vie de chacun, parce que les japonais sont à la fois d'obédience Shinto, notamment pour leur mariage, et pour un certain nombre de cérémonies de la vie. Et puis ils sont aussi bouddhistes, certains sont zen, d'autres sont reliés à d'autre écoles de bouddhisme. Donc ils embrassent les deux religions, Shinto et Bouddhisme.
Question - Et pour ce qui concerne le Shingon ? Roland Rech - Le Shingon, c'est le bouddhisme tantrique japonais. C'est une des écoles du bouddhisme, qui a eu certaines connections avec le Zen, notamment par le fait que les moines zen se sont à certaines époques installés dans les temples Shingon. Ces temples s'étaient vidés de leurs pratiquants, notamment vers le 14è siècle, et du coup le zen a intégré dans ses rituels et dans ses pratiques énormément de rituels du Shingon. Comme le Shingon est une voie tantrique, il se trouve que le zen maintenant pratique des cérémonies qui sont carrément tantriques, alors que ce n'est pas dans l'esprit de la tradition zen. C'est simplement par intégration, par assimilation de certaines traditions, de certaines pratiques du Shingon. Notamment ce qu'on appelle les kitos. Les kitos, c'est une cérémonie pour venir en aide à quelqu'un qui souffre. C'est quelque chose qui est très fort au niveau de l'énergie, et c'est en fait une cérémonie tantrique. |
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Zen Soto :
Zen Rinzaï :
Zen Coréen :
Zen Vietnamien : |
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Information sur les livres présentés lors de cette émission : |
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FRERES DE TERRE ET D'ESPRIT |
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LA VOIE DE L'ENCENS |
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VOIES D'EVEIL |
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LA PHILOSOPHIE DU BOUDDHA |
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