Tara
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Dagpo Rimpotché en son centre de Veneux-les-Sablons et Khenzour Rinpotché en séjour en France pour la première fois. Introduction: " TARA", l'une des déesses du Vajrayana les plus populaires et les plus invoquées aussi bien par les laics que par les religieux. Les rituels qui sont dédiés aux déités sont souvent difficiles d'accès à la plupart des occidentaux d'autant qu'ils sont toujours effectués en tibétain. Dagpo Rimpotché nous explique : TARA était une jeune femme, une jeune princesse. A son époque, il y avait un autre bouddha qui dispensait l'enseignement et la jeune princesse a développé tant de foi vis à vis de ce bouddha et de son enseignement que tout son entourage lui dit un jour, princesse, grâce à votre pratique si bénéfique, vous avez sans aucun doute accumulé énormément de mérites et le mieux que vous ayez à faire , c'est de les dédier pour changer immédiatement votre support de corps féminin contre un support de corps masculin, de manière à poursuivre votre évolution spirituelle. La jeune princesse a alors répondu " moi, je fais le vu de continuellement accomplir le bien des êtres y compris lorsque je serai bouddha en ayant toujours une forme de femme, une forme féminine". Cette cérémonie des 1000 offrandes à Tara, nous allons l'accomplir sur trois journées, à Veneux-les-Sablons. Pourquoi faire de telles offrandes aux bouddhas ? Les bouddhas bien évidemment ne sont pas des êtres ordinaires comme nous qui auraient faim et soif et qui seraient donc contents d'avoir à boire et à manger, et pourtant on leur présente de la nourriture, de l'eau, des fleurs. Pourquoi cela? C'est en fait dans le but de pouvoir nous-mêmes accomplir des pratiques bénéfiques pour pouvoir accumuler des mérites. Donc, au cours de cette cérémonie, nous présentons mille objets pour chaque type d'offrande, par exemple, mille petits pains, mille fleurs, mille batons d'encens Dans la mesure où il s'agit d'une pratique du grand véhicule, nous ne l'effectuons pas uniquement dans notre intérêt presonnel et notre objectif est d'accomplir quelque chose de valable pour l'ensemble des êtres. VB - Khenzour Rinpotché réside en Inde du Sud au monastère de Drepung dont il est l'abbé et également enseignant. Il étudie et pratique la philosophie en son monastère. C'est la première fois qu'il vient en France. Quelle est la relation qui existe entre les tantras et les déités dans le bouddhisme tibétain? Khenzour Rinpotché - C'est un peu comme les relations entre le thème, le sujet et le traité expliquant le sujet. Et pouquoi une telle quantité de bouddhas ou encore de déités dont on parle dans les tantras, c'est parce que la pratique des tantras concourre à éliminer les diffèrentes imperfections et les diffèrents défauts qu'en tant qu' êtres ordinaires l'on possède actuellement et c'est pour correspondre au nombre de défauts et d'imperfections que l'on a, qu'il y a également le besoin d'un grand nombre des déités qui représentent en quelque sorte les remèdes à ces défauts. On part de l'analyse qu'il y a énormément de strates d'imperfection à éliminer, chacune des imperfections ayant elle-même de nombreuses facettes et l'aboutissement est que lorsque tous les défauts sont éliminés et que l'on a parachevé les qualités, l'on devient bouddha. VB - Les occidentaux comprennent mal ce système de déités, ils pensent parfois qu'il s'agit de mythe, de superstition. Quand on les invoque, que se passe t-il dans l'esprit du pratiquant? Khenzour Rinpotché - Pour un pratiquant bouddhiste evidemment cela ne semblera en aucun cas à des superstitions, ni des personnages de légende puisque par définition, le pratiquant veut développer les diffèrentes qualités, ce qui suppose de rejeter les défauts et sachant que c'est la purification correspondant à l'abandon des défauts qui ensuite se concrétise sous la forme de déités, il sait que ces déités correspondent en réalité à la nature de bouddha. VB - Il est question dans le bouddhisme de deux niveaux de vérité, vérité relative et vérité ultime, la manière d'aborder les déités dépend-elle également de ces deux niveaux de vérité? Khenzour Rinpotché - De fait dans le bouddhisme, les deux vérités, respectivement relative et ultime sont fondamentales et l'on retrouve les deux mêmes niveaux en ce qui concerne les déités. Quand on parle de déité de sens ultime, il s'agit de la sagesse supérieure qui correspond à la vacuité et lorsque cette sagesse supérieure comprenant la vacuité prend la forme d'une déité conventionnelle, avec des aspects très variables, on parle alors de vérité relative. VB - Faut-il obligatoirement recevoir des initiations qui correspondent à ces déités pour pouvoir pratiquer certains rituels qui leur sont spécifiques, pour réciter les mantras qui s'y rattachent? Khenzour Rinpotché - Pour pouvoir s'engager dans la pratique des tantras donc pour pouvoir méditer les déités selon les tantras et pour pouvoir pratiquer selon les mantras, il est nécessaire d'avoir reçu une initiation et une initiation en réalité ce n'est autre que l'autorisation de faire justement telle ou telle pratique par rapport à telle ou telle déité. VB - Il y a des déités qui sont dites paisibles et d'autres qui sont dites courroucèes, alors que le bouddhisme il y a le principe fondamental de non-violence, aussi comment pouvons-nous associer ce principe de non-violence avec des déités courroucées? Khenzour Rinpotché - Dans le tantrisme, c'est vrai que l'on montre des déités paisibles et d'autres courroucées. Cela peut sembler étrange, mais en fait dans un cas comme dans l'autre, le but des bouddhas c'est d'accomplir le bien des êtres, mais il s'avère également que pour pouvoir aider les êtres, il faut s'adapter à leur besoins, à leur tempéraments, et là , dans certains cas, il faudra utiliser des moyens emprunts de doucenr, et à d'autres il faudra utiliser des moyens plus fermes parfois même apparemment violents ou terribles, mais cela ne concerne que l'apparence extérieure des moyens utilisés. Dans tous les cas, les bouddhas n'agissent que par gande compassion, par très grand amour des êtres, et justement parce qu'ils ont l'esprit plein de compassion et d'amour, ils savent également que si le mieux c'est de pouvoir aider les êtres en leur montrant un aspect paisible et très doux, c'est idéal, mais dans d'autres cas, il faut parfois montrer des aspects plus fermes, plus durs, et à ce moment là, ils le feront par compassion, donc il ne faut pas confondre l'état d'esprit des bouddhas et l'aspect qu'ils montrent pour le bien des êtres. FIN
LES OFFRANDES Sacrées ou profanes, elles sont un hommage à la divinité Partie intégrante de la méditation et de la liturgie, l'offrande est toujours un geste envers la divinité: Humilité, louange, obéissance, prière ou remerciement. C'est une manière de relation directe témoignant du respect et de la dévotion du fidèle. Les offrandes de lumière et d'eau sont les plus courantes: une lampe brûle en permanence sur tout autel tibétain. Le Précieux Maître lui-même, Padmansambhava, avait affirmé il y a une douzaine de siècles de cela que l'eau des hautes terres himalayennes était si claire que sa pureté suffisait amplement au bonheur des dieux. Il n'empêche, les croyants ne s'en satisfont pas forcément et ajoutent à leurs dons des oboles, de l'encens, des fleurs et des fruits, des khatas, mais aussi des sortes de gâteaux confectionnés à cette fin. Les tormas sont confectionnés sur place dans la cour du sanctuaire ou sur le parvis, avec de la stampa (farine d'orge, nourriture de base des tibétains) et du beurre. Ces offrandes rituelles sont déposées sur les autels pour s'imprègner de bonnes vibrations avant dêtre réparties entre les participants en fin de cérémonie. Les offrandes festives dites tsoks sont plus élaborées et destinées à la consommation de ceux qui les ont préparées. Lorsque l'on fait des offrandes il convient de les préparer le mieux possible. Sinon, mieux vaut s'en dispenser. Il était coutume naguère pour les moines des "Trois Piliers du Tibet", c'est à dire les trois monastères Sera, Drepung et Ganden, de se retrouver à Lhassa durant le deuxième mois de l'année lunaire pour une grande réunion d'offrandes festives. Lors de certaines cérémonies, l'offrande peut consister en cent huit lampes, cent huit bols de riz, cent huit gâteaux rituels, cent huit briques de thé, l'essentiel étant de respecter le chiffre sacré. Autrefois à l'occasion de festivités exceptionnelles, on confectionnait d'étonnantes offrandes sculptées en beurre, richement décorées, qui faisaient la fierté de leurs auteurs et l'admiration des spectateurs. Durant la méditation personnelle, il est également possible de s'offrir soi-même, corps, parole et esprit à la divinité. Extrait du livre "Les symboles du bouddhisme tibétain" de Claude B Levenson (préface du Dalaï Lama) Editions ASSOULINE
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Bouddhiste de France 2000
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