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Nostalgie de la vacuité - D’Elis à Taxila

publié le lundi 1er mars 2010

En philosophant dans l’acte de vivre et en œuvrant ainsi à l’ouverture sapientiale de ceux qui l’entouraient, le non-philosophe grec Pyrrhon d’Elis (IVè siècle avant notre ère) offrait à la "science occidentale" le secret même de la "sagesse orientale" : la vacuité.

Mais ce n’est pas d’une vacuité nécessairement bouddhiste dont il est question ici. Celle que l’auteur effleure avec nostalgie n’est autre que l’essence de toute chose, une inconcevable pureté dont il chante l’évidence, à la vitesse de la révolte : rêvant de ressaisir l’insaisissable. La mémoire, l’hallucination, l’increvable désir de (se) transcender et la dérision tissent un merveilleux patche de poèmes, de réflexions et de citations : éblouissants miroirs promis à atomiser l’ignorance.

Portant à un extrême et audacieux degré d’incandescence lyrique le concept de vacuité, Patrick Carré retrouve le lien qui unit une certaine tradition philosophique occidentale (Epicure, Spinoza, Nietzsche) à la tradition orientale fondée sur le contraire même du réalisme naïf et l’identité du voir et du savoir.