Jacques Martin et Bernard Lebeau

Hommage aux deux fondateurs de l’UBF

publié le jeudi 21 juin 2001

Si en France le bouddhisme est désormais admis au rang des religions officielles et commence à avoir droit de cité lors des cérémonies et consultations nationales, c’est en grande partie grâce à ces deux visionnaires qu’étaient Jacques Martin et Bernard Lebeau, fondateurs de l’Union Bouddhiste de France en 1986.

Amis de longue date, ils illustrent à merveille la voie qu’ils avaient choisie et souhaitaient mieux faire connaître car si l’un s’avouait Sakyapa et l’autre Kagyupa, leur appartenance à des branches différentes du bouddhisme leur était un atout supplémentaire pour mettre en évidence ces qualités apparemment paradoxales du bouddhisme que sont une extrême diversité dans la lettre et une complète convergence dans le sens et la finalité : permettre à « l’utilisateur » - bouddhiste ou non – de mieux se connaître, de s’épanouir et d’atteindre une sérénité aux antipodes de l’indifférence car alliée à l’amour et la compassion, le tout dans le respect d’une éthique à la fois stricte et souple.

Dans la lettre ci-après, Jacques Martin résume avec son habituelle clarté la vocation de l’Union Bouddhiste de France. Son « enfant » a-t-il rempli ses promesses ? Les faits rapportés dans ce numéro le révèlent mieux qu’un long bilan fastidieux.

Hélas ! Les deux compères, unis jusqu’au bout, sont partis ce même jour funeste du 20 mai 2001. Bernard, le juriste, avait 76 ans et Jacques, l’historien philosophe passionné par la bio-éthique, 53 ans à peine. Eux qui croyaient à la réincarnation, puissent-ils continuer leur chemin et leur œuvre pour le bien des êtres. Que nos prières emplies d’affection et de gratitude les suivent et les soutiennent.

L’Union bouddhiste de France, fondée en juin 1986 assure les liens entre les associations bouddhistes et l’ensemble des Pouvoirs Publics, à ce titre :

Elle est l’interlocuteur des Ministères, des communautés religieuses, des organismes sociaux, des Instances humanitaires et universitaires, d’une manière générale de toutes les Institutions nationales et internationales. Aussi, dans le respect de chaque tradition, elle se veut garante et caution des centres au niveau de leur appartenance à un courant spirituel afin de donner plus de visibilité aux Pouvoirs Publics sur le monde bouddhiste de France.

Elle œuvre à présenter le bouddhisme comme l’un des grands courants spirituels de l’humanité, favorise le développement des échanges entre la pensée bouddhique et la modernité, notamment par le biais des émissions télévisées « Voix bouddhistes », sur France 2, chaque dimanche matin.

Elle défend les droits et intérêts communs des diverses traditions bouddhistes, contribue à leur rapprochement, et elle participe activement à la promotion du dialogue interreligieux.

Elle est à l’écoute de tous les grands problèmes de société et leur apporte son concours dans le cadre de la laïcité française.

Jacques Martin – Président