Vendredi 28 janvier 2011

Comment mieux vivre ensemble

Palais du Luxembourg (Salle Vaugirard)

publié le samedi 29 janvier 2011, par MSB

Rencontre animée par Monsieur Denis CLAIR, Président du Mouvement des seniors (Site Monde-ouvert)

Une après-midi durant, douze personnalités ont planché sur un thème d’une actualité criante, exposant qui ses expériences, qui ses propositions ou indignations.

Après la courte introduction du meneur de jeu, Denis Clair, Arnaud Douarche, infirmier de formation, a le redoutable privilège de lancer les débats, en présentant son association Epicuria, novatrice dans les services destinés aux seniors.

Anne Voileau relate avec flamme son parcours et les circonstances dans lesquelles elle a créé la radio VivreFM qui diffuse chaque mois les rencontres proposées et animées par Denis Clair au Sénat. Elle a lancé de nombreuses pistes pour améliorer, par exemple, les conditions d’accueil dans les services d’urgence des hôpitaux.

Pour la première fois, actualité oblige, l’AFEI ainvité le Père copte Georges Luka. Celui-ci traite en douze points de l’art et la manière de mieux vivre ensemble. La base, dit Père Girguis Luka, est le respect, mutuel, qui seul peut fonder l’amitié, si précieuse, car, insiste-t-il, "aimer = vivre". Ce qu’il prône encore ? Eh bien, l’humanisme, la nécessité de prendre la peine de se connaître, le partage, la liberté d’expression, la confiance, la délicatesse qui bannit toute moquerie, les paroles aimables sans exagération ni mensonge, les paroles bonnes et vraies, et enfin le pardon.

Jacques Robert, ancien président de la faculté Odéon-Assas et ancien membre du conseil constitutionnel, demande ensuite la parole pour, dit-il, élargir le sujet. Il relate assez longuement ses expériences afin d’illustrer ses propositions : avoir des égards pour les autres ; faire preuve de courtoisie, de civilité.

Lui succèdeDocteur Louis Albrand, autodidacte issu d’une famille modeste des Hautes Alpes. Lui qui avait été apprenti dès 14 ans, sitôt son doctorat en poche, il s’est très vite s’est consacré à la médecine sociale et qui récemment a établi un rapport ministériel sur la prévention des suicides en prison.
Le Docteur Louis Albrand pousse un cri d’alarme à propos de régression qu’il constate dans le domaine de l’égalité des chances et de l’accès au savoir.

En écho, Marc Bertium, conseiller à l’Ambassade du Canada, brosse un rapide tableau de la situation et des stratégies de son pays, qui dans certains domaines a fait des choix sensiblement différents de ceux de la Farnce.

Le Pr. Hadj Eddine Sari Ali, professeur de bioéthique à l’Université de Moncton (Canada) et ancien porte-parole de la Mosquée de Paris, présente ensuite avec brio et érudition une vision commune aux trois religions monothéistes : judaïsme, christianisme et islam.

Marie-Stella Boussemart, vice-présidente de l’UBF, précise tout d’abord qu’elle n’a pas la prétention de parler au nom du bouddhisme, et s’exprime simplement en tant que bouddhiste. Sur fond d’interdépendance et de loi de causalité, elle évoque le respect - de soi, d’autrui, de l’environnement -, la dignité de chaque être, et aussi la nécessité de règles communes. La voie royale serait certes l’altruisme, mais tant qu’à être égoïste, mieux vaudrait l’être intelligemment ! Enfin, elle insiste sur l’importance de l’espoir et de l’espace vital, pas seulement sur le plan physique.

l’Union Rationaliste est représentée par Gabriel Gohau, archéologue émérite, qui incite à dépasser les croyances - tout en les respectant - pour écouter le langage de la raison.

Mohamed Mrezika, du Mouvement des seniors, part de son expérience personnelle pour appeler à l’équité, et à une vraie mise en oeuvre de la devise nationale "liberté - égalité - fraternité", qui reste hélas souvent lettre morte.

Denis Clair conclut avec une tribune libre.
Après avoir fustigé l’usage abusif de quelques expressions telles que "pas de souci", "problématique" ou "en fait", il récrie le projet d’enseigner l’anglais à tous les écoliers, car mieux vaudrait enseigner le français plutôt que de laisser les jeunes sortir de l’école sans trop être capables d’aligner deux phrases correctement construites. Quant à la glorification du sport, ... Surtout, il énonce son écoeurement, et son inquiétude, suscitées par la tendance à juger de l’histoire a posteriori, avec les connaissances d’aujourd’hui.