L’encens est sur le point de conquérir une place de choix dans l’art de vivre occidental. De son héritage culturel raffiné, il nous transmet aujourd’hui une perception poétique du monde tel qu’il est temps de réapprendre, comme le geste délicat de respirer un parfum.

Si le sablier donne à l’esprit une image du temps qui s’enfuit et coule entre les doigts, les volutes de fumée s’échappent d’un bâton d’encens, le rendent à la fluidité d’une durée déployée sans hâte dans l’espace. Le temps du sablier est une course, une course contre le temps. Celui de l’encens est une danse qui prend son temps. Son art est la lenteur, mais une lenteur aérienne, et le parfum de l’encens, en pénétrant les sens, suscite les images, rêves et souvenirs.

Il est donc bon de lire ce livre au rythme de l’encens se consumant, enveloppé de ses fumées odorantes, dans ce temps dilaté ou l’esprit, léger, danse. Comme s’il écoutait l’encens.