Qu’est-ce qui explique que des millions d’êtres humains dont les jours sont comptés, sacrifient plusieurs années d’une vie, si l’on additionne les milliers d’heures passées devant la télévision, à une activité essentiellement perceptive et qui ne rapporte pas d’argent ? Le fait de s’asseoir devant une surface translucide sur laquelle le monde vient de se recueillir relève d’une attitude étonnante mais dont la banalité nous fait aujourd’hui oublier la singularité.

L’imagerie électronique est tributaire du tactum télévisuel, du type de contact et de branchement qui nous lient au téléviseur dès que nous l’allumons. Le paradoxe du téléspectateur pose à la fois une question d’esthétique et un problème phénoménologique.

Dominique Avron est professeur d’études cinématographiques et audiovisuelles à la Faculté des Arts de l’Université de Picardie Jules Verne. Diplômé de l’IDHEC et agrégé d’arts plastiques, ses travaux portent sur l’esthétique des cultures traditionnelles et sur les arts technologiques.