"Voix Bouddhistes" du 25 mars 2001

La transmission du Zen d’Inde en Chine

Invité : Roland Rech

publié le dimanche 25 mars 2001

Roland Rech est l’un des principaux responsables de l’Association Zen AZI. Il enseigne dans de nombreuses villes d’Europe et réside à Nice. Lors de cette émission, il répond aux questions de Voix Bouddhistes sur une des figures majeures de la tradition zen, le 28ème patriarche indien Bodhidharma. Bodhidharma est également connu comme le premier patriarche chinois puisque c’est lui qui introduisit le bouddhisme en Chine sous la forme du Chan, qui deviendra plus tard le Zen au Japon.

Dans l’interview réalisée pour le site, Roland Rech revient sur plusieurs points liés à cette émission : les figures patriarcales du Zen, le rôle fondamental qu’a joué Bodhidharma pour remettre la pratique de la méditation au cœur du Zen, l’analogie qui peut être faite à ce sujet avec le rôle contemporain de Maître Deshimaru, ainsi que les deux voies d’accès à la réalité ultime : l’entrée par la raison, et l’entrée par la pratique.


Interview de Roland Rech (*)

Il y a eu des patriarches tant qu’il y a eu un unique successeur du Bouddha à chaque génération

Aujourd’hui, il n’y a plus de patriarche

Voix bouddhistes - Roland Rech, on parle beaucoup des patriarches dans le zen. Qu’entend-on exactement par "patriarche" ?

Roland Rech - Les patriarches sont d’abord les successeurs de Bouddha jusqu’à Bodhidharma, qu’on appelle les 28 patriarches indiens. Ensuite il y a eu six patriarches chinois.

C’est une époque où, à chaque génération, il y avait un seul représentant de la lignée de transmission. Un patriarche, c’est un successeur de Bouddha, dans la lignée du zen.

Voix bouddhistes - Donc historiquement, il y a une filiation directe entre le Bouddha et Bodhidharma ?

Roland Rech - Oui, il y a une filiation directe. Le premier patriarche était Mahakashyapa, un des grands arhats disciples de Bouddha. C’est pour nous le premier patriarche indien de la lignée zen. Le 28ème est Bodhidharma qui est en même temps le 1er patriarche chinois.

Au-delà de Bodhidharma il y a donc encore eu 5 patriarches jusqu’à Houei Neng, le 6ème patriarche.

Avec Houei Neng, le patriarcat s’est arrêté. Pour différentes raisons, mais la raison principale c’est qu’il y a eu à ce moment là une diversité de lignées. Et notamment les deux grandes lignées qui par la suite ont donné lieu aux écoles qui restent encore maintenant vivantes, qui sont l’école Sôtô à laquelle j’appartiens et l’école Rinzaï.

On peut dire qu’il y a eu des patriarches tant qu’il y a eu un unique successeur du Bouddha à chaque génération.

Voix bouddhistes - Aujourd’hui il n’y a donc plus de patriarche ?

Roland Rech - Non, il n’y a plus de patriarche.

La pratique de la méditation était devenue une simple technique

Bodhidharma l’a replacée au cœur même de la transmission du bouddhisme.

Voix bouddhistes - Revenons à Bodhidharma. Que s’est-il passé à la cour de l’empereur Wu ? Y avait-il réellement une corruption des moines autour de lui ?

Roland Rech - Bodhidharma n’est pas venu en Chine parce qu’il y aurait eu une corruption particulière au sens ordinaire où on parle de corruption, c’est à dire des moines recherchant des profits matériels, du pouvoir, et des choses comme ça.

Ce qu’il pouvait y avoir de corrompu aux yeux de Bodhidharma c’est la voie de l’éveil. Le Dharma du Bouddha avait été transmis en Chine par le biais de traducteurs qui ont traduit en particulier tous les grands soutras du mahayana. Ces soutras ont fait l’objet de diverses exégèses, interprétations et finalement c’est une approche très intellectuelle du Bouddhisme qui s’est développée.

De ce fait il y a eu une sorte d’attachement aux concepts, aux mots, puis un éloignement par rapport à la pratique réelle, la pratique concrète. Même s’il y avait une pratique de méditation, cette pratique était vue comme une simple technique.

La méditation n’était pas pratiquée à sa juste valeur, c’est à dire comme une pratique d’éveil par elle-même. On peut dire qu’une des grandes fonctions de Bodhidharma a été de remettre la pratique de la méditation au cœur même de la transmission du bouddhisme.

C’est la raison pour laquelle on l’a appelé le moine qui pratique le dhyana assis, c’est à dire le zazen finalement, ce qui est devenu le zazen. Puis cent cinquante ans après sa mort, les moines et ceux qui ont suivi son école ne s’appelaient plus l’école zazen mais s’appelaient tout simplement l’école zen.

Je crois que c’est cette corruption à laquelle s’attaquait Bodhidharma. C’était un dévoiement de la pratique par une approche trop abstraite, trop intellectuelle.

Contrairement au "Soi" de l’hindouisme, le "non-soi" du bouddhisme n’est pas vu comme une forme de soi supérieur

Voix bouddhistes - Bodhidharma était parfois appelé "le Brahmane contemplateur de mur" . "Brahmane" est un terme d’origine hindouiste. L’hindouisme intègre le bouddhisme puisqu’il considère que le Bouddha est un avatar de Vishnu. Inversement quelle est la position du bouddhisme, et plus particulièrement du bouddhisme zen, par rapport à cet héritage hindouiste ?

Roland Rech - L’enseignement du Bouddha s’est bien évidemment développé dans un contexte religieux et culturel hindouiste. Il y a donc des notions communes telles que le karma, les renaissances, …, qui font partie du patrimoine commun entre le bouddhisme et hindouisme. Mais à part ça, le bouddhisme, et en particulier le zen, se différencie fondamentalement de l’hindouisme par la négation de l’idée d’un atman, d’un soi substantiel. C’est une différence importante.

Il y a aussi la non-référence à un brahmane, qui serait une sorte d’absolu divinisé dont la pratique spirituelle consisterait à le rejoindre par une sorte de fusion mystique. Ca n’existe pas du tout dans le bouddhisme.

On appelait Bodhidharma le brahmane parce qu’il avait des allures indiennes. Les chinois étaient très impressionnés par la culture indienne.

Ce qu’il pourrait y avoir d’indien aussi chez Bodhidharma, c’est que contrairement à ce qu’on a pu dire, il n’y avait aucun mépris des soutras dans le zen. Bien au contraire, Bodhidharma se référait notamment au soutra du Lankavatara, un soutra qui était à la frontière entre l’école du Yogachara et l’école du Madhyamika.

D’ailleurs dans le début de ce court texte qu’on appelle le Traité de Bodhidharma, quand il parle de l’entrée dans la voie par le principe, il parle de l’étude de la doctrine et de l’étude des soutras de manière positive. Alors que certains maîtres zen par la suite seront plus critiques par rapport à une approche du bouddhisme à travers les soutras.

Voix bouddhistes - Il s’agit donc d’un lien avec le bouddhisme indien et non pas l’hindouisme ?

Roland Rech - Oui, avec le bouddhisme indien, mais pas avec l’hindouisme.

Voix bouddhistes - Il y a malgré tout des interprétations assez variées. Certains disent notamment que le non-soi du bouddhisme, par delà la différence de vocabulaire, serait à rapprocher du soi de l’hindouisme plutôt qu’à lui opposer…

Roland Rech - Oui, mais par exemple Bodhidharma insiste beaucoup sur la vacuité et sur le non-soi mais pas comme une forme de soi supérieur.

Jusqu’à l’arrivée de maître Deshimaru en Europe en 1967, quand les gens parlaient du zen, soit ils n’y connaissaient rien, soit ils connaissaient les "Essais sur le bouddhisme zen" du professeur Suzuki

Voix bouddhistes - Revenons à notre époque. Le professeur Suzuki a joué un rôle important pour faire connaître l’enseignement et la pratique de Bodhidharma.

Roland Rech - Il parle de la contemplation du mur en disant que ce n’est pas le simple fait de regarder un mur. Parce que regarder un mur, ça ne constitue en rien une révolution spirituelle.

Voix bouddhistes - Il semble qu’il ait eu un impact important sur Jung…

Roland Rech - Jung l’a lu dans les tous derniers moments de sa vie et l’a découvert avec beaucoup d’émerveillement.

Voix bouddhistes - Etait-ce un maître ?

Roland Rech - Non, dans le zen il n’est pas considéré comme un maître. Il est considéré comme un érudit, un professeur. Il avait une pratique, mais une pratique de laïc.

Voix bouddhistes - Quel rôle a-t-il joué dans les années d’après guerre ?

Roland Rech - Il a fait énormément de tournées de conférences, notamment aux Etats-Unis où il a enseigné et suscité un grand intérêt pour le zen. Son livre a été traduit dans de nombreuses langues. Jusqu’à l’arrivée de maître Deshimaru en Europe en 1967, quand les gens parlaient du zen, soit ils n’y connaissaient rien soit ils connaissaient les "Essais sur le bouddhisme zen" du professeur Suzuki.

On qualifie parfois maître Deshimaru de "Bodhidharma des temps modernes" : il a eu la même réaction contre une approche intellectuelle du zen que Bodhidharma contre une approche intellectuelle du bouddhisme en Chine

Voix bouddhistes - Le professeur Suuki a plutôt touché les milieux intellectuels ?

Roland Rech - C’est une des raisons pour lesquelles on a pu qualifier maître Deshimaru de Bodhidharma des temps modernes ! Non pas pour en faire un personnage de légende, mais parce que dans l’essence même de sa démarche, il a eu la même réaction contre une approche intellectuelle du zen que Bodhidharma contre une approche intellectuelle du bouddhisme en Chine.

Il faut remettre la pratique du zazen au centre. On nous dit parfois : " Vous ne connaissez que le zazen, vous nous fatiguez un peu parce que vous ne savez parler que de zazen ". Mais c’est vrai ! C’est l’essence même de la démarche de maître Deshimaru comme c’était celle de Bodhidharma.

Voix bouddhistes - Au passage, il n’est peut-être pas inutile de rappeler pour certains qu’il ne faut pas confondre le professeur Suzuki avec Suzuki Roshi !

Roland Rech - Suzuki Roshi est un maître très estimé dans notre lignée. Il fait partie de notre tradition, la même école que celle de maître Deshimaru, l’école Soto.

Ils ont vécu à peu près à la même époque mais ils ne se sont pas rencontrés. Ses disciples ont écrit un ouvrage à partir de ses enseignements qui a fait le tour du monde et qui a encore un grand succès : "Esprit zen, esprit neuf".

L’entrée par la raison, c’est réaliser le caractère universel de la nature de Bouddha

L’entrée par la pratique, ce sont quatre points importants dans la pratique

Voix bouddhistes - Peux-tu revenir sur les deux voies d’accès dont parle Bodhidharma ?

Roland Rech - Ce que Bodhidharma appelle l’entrée par la raison, l’entrée par le principe, c’est tout d’abord une certaine forme de compréhension à travers l’étude de la doctrine et des soutras, c’est surtout la compréhension intuitive que tous les êtres ont d’une façon immanente la nature de Bouddha.

C’est réaliser ce principe du caractère universel de la nature de Bouddha de tous les êtres, pas seulement à travers l’étude de la doctrine et des soutras, mais aussi l’expérimenter en soi par la pratique de la méditation, au-delà de l’approche purement discursive ou métaphysique. C’est finalement comprendre l’essence de notre existence, comprendre la véritable nature, la nature de Bouddha, de chaque être.

Et ce qu’il appelle la compréhension ou l’entrée par la pratique, ce sont quatre points importants dans la pratique, mais qui ne sont pas séparés de l’entrée par le principe ou par la compréhension, car ces quatre pratiques impliquent une compréhension de la véritable nature de Bouddha.

1) Prendre conscience que nous sommes le résultat du karma passé

2) Comprendre qu’il n’y a pas d’ego, mais simplement les effets de causes karmiques

3) Réaliser le non-attachement

4) Pratiquer sans s’attacher à la pratique

Roland Rech - La première entrée par la pratique, c’est comprendre comment faire face à l’adversité. Comprendre que quand il nous arrive malheurs et souffrance, cela n’arrive ni par hasard ni par imition d’un dieu vengeur. Les choses qui nous arrivent, l’adversité qui peut nous arriver, nous arrivent seulement comme résultat du karma passé. Et le fait que ça arrive comme résultat du karma passé, si on en prend conscience, ça devient l’occasion d’un éveil, l’occasion d’une transformation, l’occasion de prendre conscience de notre propre responsabilité dans ce qui nous arrive. Et puis aussi de prendre conscience que finalement nous sommes le résultat de ce karma passé.

Cela nous amène à la deuxième compréhension par la pratique : comprendre que finalement, il n’y a pas d’ego, il n’y a pas de moi substantiel, il y a simplement les effets de causes karmiques. C’est la deuxième entrée par la pratique : comprendre à travers la vie quotidienne, à travers l’expérience de l’existence, que finalement tout n’est que causes interdépendantes, que par conséquent, même s’il nous arrive un grand bonheur, ou s’il nous arrive des choses extrêmement heureuses, on peut s’en réjouir, mais il ne fait pas trop s’en réjouir. Parce que ce qui nous arrive ainsi ne peut qu’être le résultat d’un bon karma passé, et certainement pas quelque chose de durable, puisque le karma lui aussi va s’épuiser à un moment ou à un autre. Donc il n’y a pas à en tirer de gloire, de satisfaction particulière, c’est simplement accueillir ce qui vient comme le résultat d’un karma passé.

La troisième approche par la pratique, c’est la compréhension du fait que tous les êtres sont liés par leurs désirs, et de réaliser le non-attachement aux objets de désir.

Et le quatrième, c’est s’harmoniser avec le Dharma, c’est à dire vivre en harmonie avec la vacuité ultime, qui ne concerne pas seulement le moi, les phénomènes extérieurs, mais qui touche même les moyens habiles de la pratique. C’est à dire que finalement, la pratique juste est une pratique au-delà même de la pratique, qui ne s’attache pas à la pratique. Par exemple dans les paramitas, la pratique du don est une pratique qui permet de réaliser un certain détachement. Mais la pratique suprême du don, c’est de comprendre qu’il n’y a rien que l’on puisse posséder, et qu’il n’y a personne qui puisse posséder quoi que ce soit, qu’il n’y a aucun objet à l’attachement et que donc on peut donner parce que rien ne nous appartient. A ce moment là, le fait de pratiquer cette paramita du don n’est pas un effort de pratique pour parvenir à une libération ou à l’éveil, mais simplement le mode naturel d’être en harmonie avec le Dharma. Par conséquent c’est une non-pratique. C’est quelque chose de spontané et naturel, et ce n’est plus une pratique cultivée. Et il en est de même de toutes les autres paramitas.

Il y a un temps pour entrer dans la pratique en faisant un effort pour prendre la posture

Mais l’instant d’après, se rendre compte que même cet effort là est en trop et lâcher cet effort

Voix bouddhistes - J’imagine qu’un pratiquant débutant ne peut pas d’emblée entrer dans cette dimension de non-attachement à la pratique ! A quel moment est-ce que cet attachement qui est nécessaire au début devient un obstacle, et comment est-ce que tu gères ça ?

Roland Rech - Je le gère dès le début en insistant sur la nécessité par exemple de faire un effort pour se concentrer sur la pratique de zazen, mais dès l’instant où on est entré dans la pratique, oublier l’effort.

Il y a un temps pour entrer dans la pratique en faisant un effort pour prendre la posture par exemple, mais l’instant d’après, et ce n’est donc pas dans dix ans, c’est l’instant d’après, c’est se rendre compte que même cet effort là est en trop et lâcher cet effort.

Je n’enseigne donc pas une voie graduelle dans laquelle je dirais que pendant six mois ou un an je vais enseigner l’effort et puis ensuite le non-effort quand les gens seront mûrs. Je vais leur montrer l’effort et le non-effort comme deux versants de la pratique. Et que les deux sont complémentaires, qu’il faut à la fois user de l’effort et ne pas s’attacher à l’effort.

Voix bouddhistes - La notion d’usure est bien présente : il ne suffit pas de décider qu’on va arrêter de faire des efforts ? Il y a bien l’effort, et la continuité de la pratique qui fait que l’effort disparaît.

Roland Rech - Il y a l’effort qui passe, il y a aussi le fait que dès l’instant où on est véritablement dans la pratique, on est porté par la pratique elle-même. C’est le Dharma qui nous tire, et ce n’est plus soi-même qui court après le Dharma.

Voix bouddhistes - Même si pendant longtemps et peut-être même de manière récurrente, on court aussi après le Dharma ?

Roland Rech - Oui, mais je crois qu’on passe son temps à aller de l’un à l’autre, et que les deux sont complémentaires. On court après le Dharma, et le Dharma nous entraîne. (*) Interview réalisée par Jean Christophe pour l’Union Bouddhiste de France


Livres présentés lors de cette émission :

Tch’an - Zen, racines et floraisons

Editions : Les deux Océans Editions

ISBN : 9782866811044

Un ensemble exceptionnel de textes et d’études sur les différents aspects du bouddhisme Tch’an : ses racines, son éclosion et son épanouissement.

A la suite de ces textes d’origine chinoise (pour la plupart antérieurs à Hui-Neng) figurent des oeuvres japonaises de quelques anciens maîtres du Zen, tels que Bankei et Hakuin.

Le Dharma du Buddha - Aux sources de la non-demeure - Liens et délivrance

Les deux accès à la Réalité ultime - Le repos de l’esprit qui accède à l’Absolu - L’école tch’an de Nieou-t’eou - Extinction de la contemplation

L’Inscription sur l’esprit - La métaphore du Miroir et la doctrine subite - Le sutra de l’estrade - Entretiens de Chen-Houel’- Sin sin ming -

L’illumination subite - De la transmission de l’esprit - Entretiens de Lin-Tsi - Le Tch’an et la poésie chinoise - L’usage du koan en Chine - Trois cas du Pi Yen Lou - Le cri tch’an - Essentiel de l’entraînement tchan

Survivances du Tch’an chez les mystiques tibétains - Bankel et le non-né

Entretiens dans une barque au crépuscule - Réponse à un proche suivant du Seigneur Nabeshz’ma - L’Orient et le Zen dans notre destin - Le Tch’an et l’Art - Lignée traditionnelle de la transmission du Tch’an.

Auteurs et collaborateurs :

Michel Belloni, Bodhidharma, Marinette Bruno, Patrick Carré, Chen-houei, Paul Demiéville, Catherine Despeux, Jacques Gerhet, Chantal Duhuy, Hakuln, Houai-hai, Houang-Po, Houi-neng, Hsu-Yun, Lin-Tsi, Gullaine Mala, Jacques Masui, Nieou-t’eou, Ruth Fuller-Sazaki, Lilian Silburn, D.T. Suzuki, Tao Sin, Tsi Tch’eng, Nicole Vandier-Nicolas, Zoran Zec.

 

La Grande Porte de l’Eveil

Roland Yuno Rech

Editions : Yuno Kusen Editions

ISBN : 2-9515490-2-4

Quand Hyakujô rencontra Maître Baso pour la première fois, celui-ci lui demanda : "Que viens-tu chercher ici ?" Hyakujô répondit : "Je suis venu pour découvrir la vérité de Bouddha", Baso lui dit : "Qu’espères-tu apprendre auprès de moi ? Pourquoi feins-tu d’ignorer le trésor que renferme ta propre maison et erres-tu si loin de chez toi ?" Alors Hyakujô lui demanda : "Quel est ce trésor ?" Baso lui répondit : "Ton trésor est celui qui est en train de me poser des questions. Tout est complet en lui".

Ce mondo contribua à éveiller Hyakujô, qui plus tard composa son traité sur la Porte Essentielle vers la vérité par l’Eveil instantané". Il l’envoya à son vieux maître qui l’approuva.

Maître Hyakujô est un grand maître zen qui vécut an huitième siècle en Chine. C’est lui qui a établi les premières règles de vie pour les monastères zen afin d’harmoniser la pratique de la méditation (zazen) et la vie quotidienne ensemble, en incluant le travail désintéressé pour la communauté (samu).

Roland Yuno Rech a commenté le traité de Hyakujô pendant plusieurs sesshins en espérant qu’il contribuerait à éclairer vos vies de pratiquant de la voie.

 

Les Maîtres zen

Jacques Brosse

Editions : Bayard Editions

ISBN : 2-227-32503-8

Peut-on parvenir au détachement ? La délivrance est-elle possible ?

Depuis une quinzaine d’années, les Occidentaux se sont familiarisés avec le zen, cette forme très ancienne de méditation bouddhiste, qui s’est répandue au VIe siècle en Chine, puis, au VII siècle, au Japon. Le zen, école du bouddhisme Mahayana (du Grand Véhicule), est essentiellement une expérience personnelle fondée sur une pratique de l’assise silencieuse, le zazen, qui vise à prendre conscience de la vacuité universelle et du caractère illusoire du moi en vue d’atteindre la libération.

En retraçant la longue histoire des maîtres zen des origines à nos jours et en citant largement leurs textes (souvent dans des traductions originales), Jacques Brosse nous offre une excellente introduction à l’esprit du zen qui se répand fortement en France où l’on compte déjà plus de cent dojos (lieux où l’on pratique la méditation zen).

Grand prix de l’Académie française en 1987 pour l’ensemble de son œuvre, Jacques Brosse a écrit plus de vingt ouvrages dans les domaines les plus variés : histoire, essai, spiritualité. Moine zen, il enseigne cette discipline depuis plus de vingt ans.

 

Le Traité de Bodhidharma

Bernard Faure

Editions : Points Sagesses Editions

ISBN : 2020367378

Le Traité de Bodhidharma est le plus ancien texte du bouddhisme Chan (Zen). Il s’agit d’une anthologie de la première école du Chan - apparue vers le milieu du sixième siècle en Chine, laquelle considérait le semi-légendaire moine indien Bodhidharma comme son fondateur, et allait devenir très vite un des courants dominant de la pensée chinoise, puis exercer une forte influence sur le bouddhisme coréen et japonais.

Ayant subi une éclipse d’une dizaine de siècles, Le Traité de Bodhidharma, après avoir été traduit en tibétain et transmis partiellement en Corée et au Japon, dut au plus grand des hasards d’avoir été redécouvert au début de ce siècle parmi les milliers de manuscrits que contenait une grotte de Dunhuang, oasis située aux confins de la Chine, sur l’ancienne Route de la Soie. Il se présente comme un ensemble de divers traités doctrinaux, alliant la scolastique bouddhique du Grand Véhicule à l’anti-intellectualisme le plus radical. Ses contradictions mêmes, ainsi que son style dialogique, attestent la vitalité et la variété de cette tradition naissante du Chan qui devait révolutionner le bouddhisme chinois.

Cette première traduction intégrale en français est due à Bernard Faure, qui a étudié et pratiqué le Zen pendant un séjour de sept ans au Japon.Docteur ès Lettres et Sciences Humaines de l’université de Paris pour ses recherches sur la tradition du Chan, il enseigne actuellement l’histoire des religions asiatiques à l’université Cornell, dans l’État de New York.

 

 

Informations complémentaires

Adresses de sites liés à l’émission de la semaine :

- Site officiel du Zen Soto au Japon

http://www.sotozen-net.or.jp/index.html

- Dojo Zen de Nice

http://www.dojonice.org/

- Pratique de zazen en images

http://www.sotozen-net.or.jp/kokusa...

- Kyosaku

http://www.multimania.com/kyosaku/i...

Un site très riche en contenus sur le zen, à l’initiative d’un particulier.

- La Voie du Dojo (N° 5, fichier pdf)

http://www.dojonice.org/dojo/lvdd5/...

La lettre d’information du Dojo Zen de Nice.

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