ALLOCUTION D’OLIVIER WANG-GENH

Président de l’UBF

Rassurez-vous je ne vais pas être long… Voilà, je viens d’Alsace, je suis responsable abbé du temple de Weiterswiller dans le nord de l’Alsace à 50 km de Strasbourg et c’est donc un président tout frais qui vous parle puisque j’ai été élu président mardi dernier, il y a 4 jours et j’ai tenu à être là cet après midi

pour conclure cette fête du Bouddhisme, parce que nous avons fait à peu près la même manifestation il y a 15 jours à Strasbourg, simplement avec donc une fête qu’on avait appelé nous, la fête du Bouddha et qui réunissait toutes les communautés bouddhistes présentes en Alsace . Voilà donc c’est très similaire comme manifestation ce qui s’est passée pendant ces deux jours et ce qui commence à se passer en Province.

Voilà, l’UBF je voudrais juste vous en dire quelques mots. L’UBF cela signifie l’Union Bouddhiste de France et c’est une fédération qui s’est créée il y a une vingtaine d’années maintenant et qui a comme membres uniquement des associations ou des congrégations religieuses, pratiquantes du Bouddhisme. Il y en a actuellement une quarantaine, une quarantaine de membres. Bien sûr, il y a beaucoup plus de communautés bouddhistes en France et comme vous avez pu le voir ou l’entendre, pardon, dans ce débat qui vient d’avoir lieu, le Bouddhisme ce n’est pas forcément quelque chose de très simple. Et en tout cas la multitude des traditions et des origines des différents pays d’où viennent ces écoles, fait que pour un pays comme la France, qui accueille le Bouddhisme depuis maintenant une cinquantaine d’années on va dire, ça représentait vraiment quelque chose de très complexe notamment pour les autorités et toutes les structures administratives, politiques.

Et donc cette association, cette Union de Bouddhistes de France, a été avant tout créée, pour permettre une meilleure communication, une meilleure visibilité, disons du grand public et des autorités, par rapport à cette ‘chose’ un peu complexe qu’on appelle d’une façon générale le Bouddhisme. Ce qu’il faut savoir c’est que, outre ce rôle d’ interface avec le grand public, ou avec les autorités, cette fédération permet également à toutes les communautés Bouddhistes de se rencontrer et de travailler ensemble sur beaucoup de sujets , dont notamment par exemple les émissions religieuses que vous trouver sur France 2 le dimanche matin et qui s’appelle Voix Bouddhistes. Certainement plusieurs d’entre vous regardent ces émissions régulièrement et donc c’est l’UBF qui s’occupe de l’organisation et de la gestion de ces émissions.

Comme je viens de le dire le bouddhisme c’est une religion qui est complexe et qui aujourd’hui présente sur le sol français, je crois dans trois grandes catégories on peut dire. D’une part il y a les communautés d’origine, c’est à dire par exemple les communautés Vietnamiennes, Cambodgiennes , Sri Lankaises etc…qui sont venues s’installer en France et qui ont voulu retrouver dans notre pays leur propre religion. Ils ont fait venir des moines de leur propre pays et ils ont fondé des communautés de pratiquants d’origine. Ca représente globalement quand même la grande majorité de ce qu’on appelle les bouddhistes en France .

Par ailleurs il y a une autre catégorie qui sont les communautés qui sont dirigées ou les enseignants , pardon, sont d’origine, c’est à dire par exemple, des lamas tibétains ou des moines venus de leur pays, mais dont les pratiquants sont français ou européens.

Et il commence à se développer maintenant aussi un troisième type de communauté où, à la fois, les enseignants et les membres, les pratiquants, sont français. C’est assez récent, puisque cela remonte à dizaine ou une quinzaine d’années et tout cela montre que, d’une certaine manière, le Bouddhisme évidemment a plusieurs visages, a plusieurs, aussi, façons de s’implanter en France et en Europe mais a également ce côté vivant qui fait que même si ça va demander du temps, même si ça demande énormément d’effort aussi, d’inculturation, parce c’est vrai que c’est une culture ou une façon de penser ou de voir le monde et la vie qui nous est pas forcément familière et qui demandera du temps avant qu’on l’intègre réellement , c’est à dire ces cultures vraiment s’interpénètrent, quand même il commence à y avoir des communautés où à la fois les enseignants et les pratiquants sont européens ou français.

Et donc un dernier point que je voudrais rappeler et je pense que ce n’est pas le moindre. Le Bouddhisme jouit aujourd’hui d’une très bonne ou très belle réputation , je crois, au sein du grand public. En tous cas il y a un fort courant de sympathie pour ce que certains appellent une religion, d’autres appellent une philosophie, peu importe les mots, en tout cas c’est quelque chose, dont les valeurs du Bouddhisme commencent à prendre racine dans l’esprit occidental, je crois et ça montre cette nécessité, notamment des valeurs qui sont vraiment les valeurs de base du Bouddhisme, de l’enseignement du Bouddha puisque quelles que soient les écoles nous avons tous la même origine, le même fondateur, qui est Sakyamuni Bouddha .

On peut pratiquer le Bouddhisme aujourd’hui en France d’une multitude de manières, il y a beaucoup de sympathisants, de simples sympathisants du Bouddhisme, qui partagent totalement cette vision non pas idéaliste du monde ou de la vie, mais qui veulent mettre ces valeurs au cœur de leur vie, des valeurs comme la tolérance, comme la bienveillance, comme le respect des autres, comme le don, la générosité etc… on peut continuer, la liste est longue . Il y a aussi des personnes qui s’impliquent beaucoup plus dans la pratique comme les deux intervenants en ont très bien parlé tout à l’heure , c’est à dire que cette pratique du Bouddhisme devient vraiment une chose réelle qui fait partie de notre vie et de notre vie quotidienne , qui n’est pas vu d’une façon idéaliste ou intellectuelle mais qui fait vraiment partie de la vie même des pratiquants. Pour cela il y a beaucoup de personnes aujourd’hui qui ont fait le choix en France de prendre une forme religieuse, c’est à dire de devenir moine ou nonne ou en tout cas de prendre ce qu’on appelle les vœux, de recevoir les préceptes et donc d’une certaine manière de devenir des laïcs bouddhistes. Et puis il y a également de plus en plus de lieu de retraites et de monastères qui sont implantés sur le territoires français, où il y a des dizaines, voire des centaines et des centaines de moines et nonnes qui pratiquent complètement, en suivant le rythme de la vie d’un monastère traditionnel. Que ce soit dans la tradition Tibétaine ou Theravada ou zen, pour citer les principales.

Voilà donc, je crois que tout cela montre l’aspect très vivant de l’implantation de cette nouvelle religion qui est quand même une des plus anciennes de toutes les religions. Sur le sol français tout cela prendra évidemment du temps et demandera une inculturation, parce que c’est nécessaire, ça a été évoqué tout à l’heure, pas seulement au niveau de la pensée mais au niveau de la vie elle même, des valeurs du Bouddhisme dans la vie elle même. Et voilà donc, c’est quelque chose qui est extrêmement vivant et encourageant aujourd’hui.

Pour terminer je voudrais juste, au nom de l’UBF , qui est l’organisatrice de cette manifestation, de cette fête du Bouddhisme, ici à la Pagode de Vincennes, remercier profondément toutes les personnes qui ont aidé ou participé de près ou de loin à l’organisation de cette manifestation et notamment les membres du comité et les membres de l’UBF qui ont participé.

Et cette manifestation, bien sûr, aura lieu l’année prochaine à peu près aux mêmes dates et on essaiera de vous proposer d’autres aspects ou d’autres « visages » du Bouddhisme.

Je vous remercie beaucoup et je vous souhaite une bonne suite pour cet après midi. Merci