Le Vesak, qui commémore la naissance, l’éveil et le parinirvana du Bouddha, a été célébré trois fois officiellement, aux mois de mai et juin derniers : à l’Unesco, à la pagode vietnamienne Linh Son de Joinville-le-Pont le 29 mai, et à la grande pagode du bois de Vincennes le 6 juin. Voici des extraits de quelques-uns des discours prononcés à cette occasion :

Nguyen The Thuoc

vice-président du monastère Linh Son

Cette commémoration est unanimement célébrée par les bouddhistes du monde entier pour exprimer leur gratitude envers le Bouddha qui, grâce à son immense sagesse et à sa grande compassion, a parfaitement enseigné les multiples moyens adaptés pour délivrer la masse illimitée des êtres sensibles du cycle des naissances et des morts.

Le Bouddha n’est pas un Dieu, mais un homme comme nous qui, grâce à sa propre intelligence, réussit à comprendre l’impermanence des choses, leur absence d’existence intrinsèque, jusqu’à atteindre l’Eveil parfait. tout ce qu’il a fait, nous le pouvons aussi. l’Eveil du Bouddha est possible, il se trouve dans notre propre nature. L’inspiration qui ressort de cette conviction doit être la cause de notre pratique personnelle…

En nous tournant vers l’intérieur, loind des préjugés et des discriminations, nous pourrions voir en face une profondeur qui donnera de la lumière à tous nos actes. Avec l’œil de la sagesse, nous pourrons voir au-delà des apparences. La méditation ouvre le passage, la compassion nous sert de véhicule et la sagesse en est le conducteur…

A l’occasion de cette cérémonie, nous nous engageons à prier avec ferveur pour la pérennité du bouddhisme, la paix sur la Terre, le bonheur de l’humanité, sous la protection de la compassion du Bouddha.

Jacques Martin

président de l’UBF

Plus de vingt-cinq siècles se sont écoulés depuis la mort du Bouddha et, partout dans le monde, hommes et femmes de toute condition et de toute race, célèbrent sa mémoire et témoignent de la vigueur de son enseignement…

Le bouddhisme est entré de plain-pied dans une carte religieuse française considérablement modifiée depuis plusieurs décennies et s’intègre dans la mosaïque culturelle française.

Religion non théiste - ce terme n’ayant d’ailleurs plus le même statut théologique, philosophique et sociologique qu’aux siècles derniers - il s’appuie sur des transmissions spirituelles et des pratiques culturelles exprimées sous forme de rituels, de prières et de fêtes religieuses.

Son caractère ancien et universel, qui s’enracine dans une double dimension de sagesse et de compassion, ses lignées de patriarches et la qualité de ses ministres lui confèrent, en France, le même statut que les religions abrahamiques.

Au plan philosophique, à la différence d’autres systèmes religieux, le bouddhisme s’appuie sur l’hypothèse de causalité morale pour approcher l’origine de la douleur et comprendre le sens de la souffrance. Selon cette hypothèse, les actes sont rétribués de façon automatique, aucun dieu, aucun juge suprême n’intervenant pour peser vices et vertus, crimes et bienfaits, et distribuer équitablement châtiments et récompenses…

Dans l’approche bouddhiste, l’interprétation causale n’a pas pour objet de porter un jugement de valeur sur les malheurs dont souffre l’humanité., mais s’inscrit en revanche dans un devenir en invitant à un comportement éthique ancré dans la responsabilité envers soi-même et les autres.

Tout le message du bouddhisme revient à dire que la souffrance et la mort n’auront pas le dernier mot et, en ce sens, il rejoint les autres religions…