Eitô, « Lampe d’ombre » est le nom de plume dont un inconnu a signé ces lignes retrouvées au dos d’un vieux manuscrit bouddhiste provenant du temple Gokoku à Hiroshima. Protégé par son coffret de bois laqué, le « Sûtra de la Grande Compassion » qui chante en guise d’exorcisme après les catastrophes, nous a ainsi transmis, tel le revers de cette pieuse médaille, un témoignage sur les jours qui ont suivi l’explosion atomique du 6 août 1945 à Hiroshima.

A travers ce document que lui-même aurait traduit et annoté, Daniel de Bruycker fait entendre dans ce roman la voix bouleversante d’un rescapé - combien provisoire - du désastre, marchant parmi les ruines, avec l’innocence stupéfaite d’un miraculé, sur le chemin d’une douloureuse réconciliation du monde.

Eitô est le deuxième roman de Daniel de Bruycker, qui a obtenu le prix Victor Rossel avec son livre précédent, Silex, la tombe du chasseur.