Le Traité de Bodhidharma est le plus ancien texte du bouddhisme Chan (Zen). Il s’agit d’une anthologie de la première école du Chan - apparue vers le milieu du sixième siècle en Chine, laquelle considérait le semi-légendaire moine indien Bodhidharma comme son fondateur, et allait devenir très vite un des courants dominant de la pensée chinoise, puis exercer une forte influence sur le bouddhisme coréen et japonais.

Ayant subi une éclipse d’une dizaine de siècles, Le Traité de Bodhidharma, après avoir été traduit en tibétain et transmis partiellement en Corée et au Japon, dut au plus grand des hasards d’avoir été redécouvert au début de ce siècle parmi les milliers de manuscrits que contenait une grotte de Dunhuang, oasis située aux confins de la Chine, sur l’ancienne Route de la Soie. Il se présente comme un ensemble de divers traités doctrinaux, alliant la scolastique bouddhique du Grand Véhicule à l’anti-intellectualisme le plus radical. Ses contradictions mêmes, ainsi que son style dialogique, attestent la vitalité et la variété de cette tradition naissante du Chan qui devait révolutionner le bouddhisme chinois.

Cette première traduction intégrale en français est due à Bernard Faure, qui a étudié et pratiqué le Zen pendant un séjour de sept ans au Japon.Docteur ès Lettres et Sciences Humaines de l’université de Paris pour ses recherches sur la tradition du Chan, il enseigne actuellement l’histoire des religions asiatiques à l’université Cornell, dans l’État de New York.

Traduit et commenté par Bernard Faure

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