Le Professeur René FRYDMAN répond à Gérard Lemarié


Le Professeur René Frydman, est connu du grand public pour avoir en 1982 initié avec succès la première fécondation in vitro en France. De l’hôpital Béclère à Paris où il exerce, il n’a cessé depuis de prendre des positions claires sur la bioéthique. En une époque où l’humanité et la collectivité scientifique s’interrogent sur les dérives possibles, la réflexion qu’il livre ici prend une dimension et une autorité toutes particulières.

Gérard Lemarié : Reconnaissez-vous à chacun le pouvoir de définir l’embryon ?

René Frydman : Oui, je laisse à chacun la liberté de décider de sa propre définition. L’Eglise continue d’interdire de toucher à l’embryon, même s’il y a malformation probante, même si l’enfant doit souffrir le martyre, même s’il y a présence d’une maladie extrêmement grave, parce que l’embryon est ’comme’ une personne.

Gérard Lemarié : Et pour vous ?

René Frydman : J’ai une autre logique : ce qui prime n’est pas l’embryon, mais la mère qui le porte. Ce qui prime pour moi est la liberté de la femme par rapport à sa reproduction, qu’elle ne soit plus jamais victime d’un ou plusieurs non-désirs d’enfants

L’idée de la collection « Penseurs d’aujourd’hui Questions de Toujours » est simple : convier autour d’une grande question des penseurs et des praticiens du monde d’aujourd’hui. Destinés à un large public, ces ouvrages innovants souhaitent faire de l’apport de la pensée et de la pratique contemporaines un élément essentiel du bagage de « l’honnête homme » de demain.

Gérard Lemarié, philosophe, nous invite à des entretiens vivants, sans concession et propres à susciter la réflexion personnelle.

Collection Penseurs D’aujourd’hui Quest.