Longtemps, lorsqu’un homme mourait, ses proches étaient heureux de pouvoir dire : « Soyez tranquille, il a eu le temps de se préparer. » Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire, on se rassure : « Consolez-vous il ne s’est rendu compte de rien. »

De la mort, nous avons tout oublié, tout ce que notre culture avait érigé en sagesse. Même la science est devenue ignorante. Tellement que des savants tirent la sonnette d’alarme : il faut, disent-il réhabiliter l’agonie, écouter les mourant, étudier ce passage aussi capital que la naissance.

Psychiatres, cardiologues, chirurgiens, biologistes et physiciens, dans les laboratoires les plus sophistiqués des Etats-Unis, de Grande-Bretagne, de France (récemment), mais encore en Inde et partout dans le monde, analysent, sondent, interrogent la mort, ou du moins ceux qui ont frôlé la mort, collectionnent leurs récits, examinent leurs témoignages, confrontent leurs expériences. Et l’on découvre que la mort cacherait une clarté à l’éblouissante beauté, pleine de vie, pourrait-on dire. La source noire. Aux portes de la mort, c’est une nouvelle approche de la vie, de la connaissance, de la mémoire…

Patrice Von Eersel est né en 1949. Journaliste à Actuel puis à Nouvelles Clés, ses reportages à la recherche des « télescopages primitifs-futuristes » du monde contemporain - de l’Amérique à l’URSS en passant par l’Afrique - l’ont amené à consacrer une part croissante de son attention aux grands visionnaires de notre époque, particulièrement dans les domaines de la naissance et de la mort.